Jour 2 : Parc de Tarangire, Tanganyika. 4° 9′ 46.278″ S 36° 5′ 23.734″ E
Top départ, levé à 6h et petit déjeuner rapide, nous découvrons la 4X4 dans laquelle notre roadtrip va se dérouler. Spacieuse et d’aspect robuste, nous sommes ravis de grimper dedans pour partir à l’aventure même de si bonne heure. Direction le parc de Tarangire, plat et à la typologie « savane ». (Et oui, je me suis fait un petit style… ^^)
Concernant l’organisation du voyage hors billets d’avion, nous sommes passés par Voyage Privé qui réalise une excellente sélection d’hôtels, d’organismes d’expéditions ainsi que le programme du safari. Superbe expérience pour nous, on recommande !!
La route traverse des zones désertiques et parfois des forêts d’acacias. Hyper dépaysant pour des frenchies. Puis nous passons par des aires commerçantes pour les achats du quotidien par les habitants et pour les livraisons aux commerces.
Fréquemment le long des routes, nous frôlons des nomades aux troupeaux de vaches ou de chèvres, équipés de bâtons et vêtus de tissus à carreaux, les « maasaï ».
Puis nous arrivons à l’entrée de la zone protégée, Joseph part faire valider tous nos papiers d’entrée avec les rangers du parc. Le lieu est déjà dans son jus, sec, lumineux, et appartenant non pas à l’Homme mais à la faune.
Phonétiquement, Tarangire se prononce « Tarangeereh ». Ce parc qui partie de l’immense écosystème de la steppe masaï, est une réserve de faune qui a été créée en 1957, puis est devenu un parc national depuis 1970.
Je m’empresse de capturer les teintes d’oiseaux endémiques ultracolorés que je n’avais encore jamais vu. Très vifs, je commence doucement à exercer mais nouvelles compétences en prise de photos animalières à mon niveau de débutante, quel plaisir !
A gauche l’étourneau superbe et à droite le cordonbleu à joues rouges.
L'étourneau superbe
Ce joyau ailé qu’on croise en Tanzanie : en plus de son plumage éclatant bleu, orange et blanc, il est un champion du recyclage sonore ! Ces oiseaux sont capables d’imiter une variété de sons, allant des chants d’autres espèces d’oiseaux jusqu’aux bruits environnants, comme des sifflements humains ou des cliquetis.
Et encore mieux : les étourneaux superbes sont de vrais « bavards sociaux ». Ils aiment vivre en groupes bruyants, où leur jacassement ressemble à une symphonie désordonnée mais fascinante, parfaite pour renforcer les liens de la bande et s’assurer que tout le monde reste sur la même longueur d’onde. Une personnalité haute en couleur, au propre comme au figuré !
Le cordonbleu à joues rouges
Ce minuscule bijou vivant qu’on trouve en Tanzanie : ces oiseaux utilisent la danse pour séduire ! Lorsqu’un mâle veut impressionner une femelle, il tient une brindille dans son bec et se lance dans une petite chorégraphie. Il saute d’un pied sur l’autre tout en balançant la brindille, comme s’il disait : « Regarde, je suis le roi de la piste ! »
Encore plus étonnant : les cordonbleus à joues rouges accompagnent souvent leur danse d’un chant rythmé, et parfois, ils « tapent » du pied rapidement, produisant un son si discret qu’il faut un microphone spécial pour l’entendre. Ce sont des Casanovas ailés avec une touche musicale unique !
Nous apercevons des babouins de Tanzanie qui déambulent en famille. Une des mamans fait un appui tête à son petit à l’aide de la courbure de sa queue.
Des tourterelles masquées se reposent sur des branches d’acacia séchées. Cela parait inconfortable et étrange mais les épines de celles-ci protègent les oiseaux des prédateurs, nous précise Joseph.
Le babouin jaune du Parc du Tarangire
Dans Tarangire, connu pour ses majestueux baobabs et ses éléphants, les babouins jouent le rôle de commères du bush. En groupes pouvant atteindre une centaine d’individus, ils passent leurs journées à chercher de quoi manger.
Ce qui rend les babouins du Tarangire si amusants, c’est leur incroyable capacité à collaborer… ou à se chamailler ! Ils forment des alliances, se protègent des prédateurs comme les léopards, et semblent toujours avoir un drame familial en cours. Les petits sont adorables et souvent accrochés à leur mère comme des mini-acrobates.
Ces petits malins ont une « langue secrète » pour éviter les conflits ! Lorsqu’un babouin veut apaiser une tension ou montrer qu’il n’est pas une menace, il utilise un geste appelé le « lèvres retroussées ». En gros, il tire une tête très exagérée où il relève les lèvres pour montrer ses dents… mais pas de manière agressive. C’est l’équivalent d’un sourire maladroit chez les humains, qui veut dire : « Hé, pas de souci, tout va bien ! »
La tourterelle masquée
Aussi appelées « tourterelles masquées de Namakwaland » et que l’on peut observer en Tanzanie : ces petits oiseaux au plumage élégant et au masque noir distinctif sont de véritables sprinteurs ! Contrairement à d’autres oiseaux qui préfèrent s’envoler à la moindre alerte, elles adorent trottiner rapidement au sol pour échapper aux dangers. Leur démarche rappelle celle d’un petit marathonien pressé.
Autre fait amusant : ces tourterelles sont des buveuses de précision. Elles boivent l’eau en l’aspirant directement sans lever la tête, une rareté chez les oiseaux ! Cela leur permet de s’hydrater en vitesse, ce qui est super pratique dans les environnements arides où elles vivent souvent.
Puis un paysage de savane s’offre à nous pour dessiner au loin de majestueux baobabs. Lors de la saison sèche, les baobabs font volontairement tomber leurs feuilles de manière à préserver leur eau interne, car les feuilles suent et perdent leur hydratation aisément. L’eau retenue est alors conservée dans l’écorce des arbres. Ce qui leur confère un rôle d’ « abreuvoir » aux éléphants connaisseurs du secret des baobabs. Les éléphants, grands fans de baobabs, n’hésitent pas à « creuser » dans l’écorce pour accéder à cette précieuse réserve d’eau, faisant du baobab une véritable fontaine de vie pour la savane.
Le baobab de Tanzanie
Ces géants emblématiques aussi appelés « arbres à l’envers », car leurs branches nues ressemblent à des racines pointant vers le ciel. La légende locale raconte que les dieux, mécontents de l’attitude du baobab, l’auraient arraché et replanté à l’envers pour lui donner une leçon.
Ces arbres peuvent stocker jusqu’à 120 000 litres d’eau dans leur tronc spongieux, ce qui leur permet de survivre aux longues sécheresses.
Puis, quelques girafes disséminées ça et là, broutent les cimes des arbres encore feuillus.
Les animaux se plaisent sur un terrain tellement vaste et naturel, que ça y est, on sent qu’on est bien sur leur territoire.
C’est ce que l’on ressent encore plus soudainement en apercevant une maman éléphant accompagnée de son petit qui viennent vers nous. Puis tout un troupeau.
Ils broutent, se grattent aux arbres, se frottent les défenses aux troncs, passent entre les voitures et continuent leur chemin.
Nous tombons ensuite sur une mare géante qui sert de piscine et d’abreuvoir aux éléphants. Un vrai terrain de jeu !
L'éléphant de savane
Ce sont de véritables architectes de la savane ! Ils utilisent leurs énormes défenses et leur trompe puissante pour abattre des arbres, créer des points d’eau en creusant dans le sol sec, et même ouvrir des chemins pour d’autres animaux. Leur impact façonne l’écosystème entier du parc.
Autre fait amusant : Tarangire abrite l’une des plus grandes concentrations d’éléphants d’Afrique.
Un cobe à croissant mâle et une femelle à ses côtés surveillent leurs alentours entre deux dégustations d’herbes sèches.
Le cobe à croissant
Cet élégant herbivore que l’on croise souvent en Tanzanie est surnommé le « cerf aquatique » car il adore rester près des zones humides. Mais ce n’est pas juste pour boire : en cas de danger, il a une stratégie géniale… il plonge dans l’eau et ne laisse dépasser que son nez, façon espion sous-marin !
Autre détail amusant : les mâles arborent de magnifiques cornes en forme de lyre, qu’ils utilisent lors de duels impressionnants pour conquérir les meilleures zones de pâturage ou impressionner les femelles. Ces combats sont souvent plus théâtraux que violents – un véritable spectacle de savane !
Après avoir admiré ce premier groupe de géants ridés, nous roulons puis STOP ! Un autre guide crie au notre qu’il se trouve un léopard dans les arbres. La chair de poule nous traverse sachant que ces petites bêtes sont agiles et que notre 4×4 est ouverte…
A l’aide des jumelles nous détectons le félin endormi sur une branche à quelques mètres du sentier. Mystérieuse beauté.
Notre balade nous amène également à observer des autruches, des gnous et des zèbres, beaucoup de zèbres, énormément de zèbres !
Joseph nous explique de nombreuses choses au sujet des zèbres : ils migrent en troupeau pour créer une illusion d’optique aux prédateurs ne pouvant plus discerner chaque individu, pour traverser des lieux à risques comme les routes ou encore les rivières, ils passent chacun leur tour pour que lorsqu’un zèbre passe la zone dangereuse les autres fassent le guet, à l’arrêt, ils se placent en quinconce de manière à ce qu’ils aient une vue à l’avant et à l’arrière, et ils collaborent avec les gnous car les zèbres apportent cette faculté de surveillance tandis que les gnous partagent leur capacité à trouver de la nourriture fiable.
Nous continuons à rouler, doucement mais attentif à toute espèce susceptible de nous surprendre…
Le silence est requis, nous admirons des lionnes dévorant un festin ensemble à l’ombre d’un baobab. Spectacle sauvage qui nous rappelle que nous ne sommes pas dans un zoo mais bien sur leur territoire.
Après cette première matinée de safari, nous faisons une pause en altitude pour prendre du recul et apprécier les plaines et les animaux que l’on perçoit de loin. En arrière plan, un paysage pictural s’étend et en avant plan des singes Velvet se délassent nichés dans les arbres.
Plus nous avançons plus la terre devient rouge et les vues arides et jonchées de cactus arbres, que l’on nomme « arbres candélabres » ! Des « dik dik » aux grands yeux sautillent et surgissent parfois de nul part.
Et Pumba arrive ! Sur le bas côté, une famille de phacochères à la crinière rousse reniflent le sol et s’enfoncent dans les hautes herbes.
Nous avons eu la chance de voir des barbicans à tête rouge (ventre jaune, tête rouge et dos noir moucheté de blanc) perchés sur une fourmilière.
Le dik dik
Ils pleurent littéralement pour se protéger ! Lorsqu’ils se sentent menacés, ils sécrètent des larmes contenant une substance odorante qui marque leur territoire et avertit les autres dik-diks d’un danger potentiel.
De plus, ces animaux forment des couples monogames et restent souvent avec le même partenaire toute leur vie, un comportement rare chez les mammifères. Autre détail mignon : leur nom vient du son qu’ils produisent quand ils s’alarment, un petit « dik-dik » aigu qui les rend encore plus charmants.
Et c’est sur ces dernières images qui reflètent bien l’environnement que notre excursion de la journée se termine, nous prenons la direction du campement ! Je n’aurais jamais imaginé observer un éventail d’espèces si large en une seule journée. Je vous recommande vraiment ce parc, il est magique.
Arrivés au Simba Lodge, au cœur de la nature authentique, des zèbres déambulent entre les tentes. Pour se déplacer, nous sommes escortés par des gardes pour limiter les mauvaises expériences avec les zèbres, les éléphants ou tout autre animal mécontent de tomber sur des visiteurs au sein de son royaume.
Zazou est aussi de la partie ! En effet, nombreux sont les spécimens de cette espèce qui picorent le sol et font retentir leurs cris comme s’ils voulaient prendre possession des abris !
Les lodges étant écoresponsables, l’eau sanitaire provient de l’eau de pluie filtrée par un système électrique. L’électricité, elle, est produite par un panneau solaire situé à l’arrière de la tente, discret mais efficace. Il nous est précisé qu’aucun ordinateur ne doit être rechargé, car ça ferait tout sauter !
Je me contente donc de charger une batterie d’appareil photo, j’en ai déjà une autre de secours chargée, ouf. Et on croise les doigts pour qu’il n’y ait pas trop d’éléphants dans le secteur cette nuit.
Le bilan de la journée en bref :
Immersion totale dans un jardin d’Eden aux milles animaux sauvages, faciles à observer, pour une balade agréable et intense, avec à la clé l’expérience à son comble grâce au « glamping » proposé par les lodges en pleine nature. Pour ceux qui cherchent à voir de nombreux animaux, mais qui n’ont pas peur du côté « parc/safari », on vous le conseille !
On se retrouve à l’étape 3, pour le reportage de notre 3ème journée, cette fois au parc de Manyara.
Une image pour vous faire patienter.



